La honte

La honte

J’ai honte. Aujourd’hui, j’ai honte d’être boulonnais.

Et pourtant, cette ville, je l’aime. Avec une bande d’ami(e)s, j’ai même créé un mouvement au nom très clair : In Boulogne We Trust. En français, cela veut dire que nous aimons notre ville, que nous avons confiance en son avenir, que nous sommes fier d’y habiter et plus encore, d’y vivre. Nous chérissons ses qualités et adorons ses défauts. Nous nous engageons tous pour préserver son identité, son patrimoine, et, aussi, pour améliorer la vie locale.

Parfois, je peux passer pour un  optimiste fou qui a de trop nombreux projets ou pour un citoyen trop engagé qui ne voit plus que par le prisme de son engagement politique. On me reproche souvent de ne voir que le bon coté de ma ville et le mauvais de l’équipe municipale actuelle. Si je cherche sans cesse à me remettre en cause, à m’obliger à ne pas trop « taper » sur ces élus incapables, je ne peux m’empêcher, ici, d’ouvrir toutes les portes à mon indignement et à ma honte.

Je sais, l’écriture sur internet est indélébile. Il fut un temps où mes publications (blog, facebook et twitter) étaient imprimées et consignées par les employés du cabinet du maire dans un dossier, bleu ou vert, « Jerphanion ». Si cette pratique est toujours d’actualité et que vous me lisez encore, je me permets de vous demander, Monsieur le Maire, si vous n’avez pas honte non plus.

Si vous ne regrettez pas cet article du BBI du mois d’octobre intitulé « Bonne rentrée pour l’ACBB rugby » ainsi que toutes ces interventions, en conseil municipal, de votre adjoint au sport qui laisse croire que « tout va bien à l’ACBB rugby, tout le monde est content ».

Si vous ne voyez pas ce que je veux dire, regardez bien cette photo. Regardez.

Ce sont les vestiaires qui « accueillent » les gamins et les joueurs dans leur nouveau stade de Marnes la Coquette.

Pour rappel, il y a encore un an, les rugbymen s’entrainaient au stade du Saut du Loup. Mais, les enfumages et les gros manques de prévoyance de la mairie de Boulogne-Billancourt ont fait qu’ils ont dû déménager.

Aujourd’hui, ce qui est dramatique, c’est que le premier club amateur de France, « soutenu » par la plus grande ville d’Ile de France après Paris, doive se retrouver sur un terrain « peuplé d’une colonie d’oies qui le couvrent de crottes » (Florian Grill sur Facebook) et dans ces vestiaires inqualifiables… Impact sur les parents ? Sur les jeunes qui se posent la question de rejoindre le club ?

Ce qui est encore plus dramatique, c’est, comme je le rappelle plus haut, que les élus nous disent « tout va bien pour l’ACBB Rugby ». Alors nous, boulonnais non rugbymen, nous vous félicitons. Nous croyons que vous avez sauvé un club alors que vous n’avez rien fait.

Alors, je regrette amèrement d’avoir fait campagne pour vous en 2008. Je vous pensais humain, humble et travailleur. Je regrette et j’ai honte. Honte d’avoir participé à votre victoire en 2008, honte de votre façon de conduire la ville, honte de vos coups de communication, honte d’avoir cru en votre engagement sincère pour la ville.

Photo des vestiaires publiée sur Facebook par JM Bruyere.